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Démarches collectives : Secteur Boulangerie
Mots-clefs : Processus dynamique, Implication du personnel, Echange de pratiques, Images du métier, Risque poussière, Guide méthodologique d’évaluation des risques
Taille : 10
Territoire : Rhône
Secteur : Boulangerie
Thématique : cas 3
Comité de pilotage : Chambre syndicale patronale de la boulangerie lyonnaise et du Rhône, CRAM Rhône-Alpes, DRTEFP
Intervenant : Novabilis
http://www.novabilis.com

Durée de l'action


Bénéficiaires

Branche d'activitéSalariés
10 entreprises6

Synthèse

L’évaluation des risques a permis de reconsidérer la représentation du métier et les pratiques grâce à une mise en évidence et une prise de conscience des problèmes de santé au travail. Le travail collectif qui a été mené a permis de créer un guide méthodologique diffusable à l’ensemble des boulangeries adhérentes au syndicat.


Contexte de l'intervention

Le syndicat de boulangers a souhaité profiter de la démarche d’évaluation des risques professionnels pour engager une réflexion plus globale sur la santé au travail.
L’enjeu est également de faire évoluer l’image de la profession, et de montrer que le métier de boulanger s’adapte aux mutations du marché du travail.

Le comité de pilotage constitué du syndicat, de la DRTEFP et de la CRAM a donc décidé de mener une action collective auprès de 10 entreprises volontaires. Au terme de cette action, un guide méthodologique permettant de construire le document unique a été réalisé puis diffusé en janvier 2004 à l’ensemble des adhérents du syndicat.


Description de l'intervention

La formation-action proposée a reposé sur l’alternance de phases individuelles et collectives ; cette méthodologie permet d’analyser les problèmes concrets du terrain et de débattre collectivement des solutions à apporter.

Sur le terrain, l’intervention a permis de réunir les salariés (contrairement à leur culture) sur un sujet souvent mis de côté. L’analyse du discours et des pratiques a fait remonter la difficulté d’appréhender la question de la santé au travail.
Par exemple, le risque poussière dû à la farine est perçu comme étant un “ risque du métier ”, et l’asthme est considéré comme une pathologie courante avec laquelle il faut vivre.
L’intervention a consisté à faire prendre conscience aux salariés qu’ils peuvent devenir acteurs de leur santé ; il faut donc négocier avec eux de nouvelles pratiques qui ne remettent pas en cause leur sens du métier et “ le plaisir du travail bien fait ”.
Par exemple, lors de certaines opérations ciblées (vidage de sac…), les salariés veilleront à changer leur manière de faire pour ne pas créer de nuage de farine ; dans le cas où celui-ci ne peut être évité, ils seront amenés à porter un masque et plus largement, pour réduire les émissions de poussières de farine dans le fournil, à envisager des solutions pérennes (installation de ventilation).

L’évaluation des risques a également été l’occasion de faire ressortir des problématiques plus larges. L’étude des locaux a permis de réaliser que la place réservée aux clients était souvent disproportionnée par rapport à la place du personnel de magasin ; les vendeuses évoluent en effet à plusieurs dans un espace réduit qui gêne leur activité. Des aménagements de locaux ont donc été préconisés pour partager de manière plus équitable les lieux, tout en conservant le même service client.

Les phases collectives ont permis aux professionnels de partager leurs expériences et d’élaborer en commun un guide rassemblant les différents risques identifiés et les pistes de solutions et mesures de prévention envisagées. Ce travail commun de description de leurs activités a permis de passer d’une lecture informelle et d’une communication orale à une analyse structurée et structurante de ce qui se fait dans l’entreprise.


Bilan de l'intervention

L’action a tout d’abord permis d’engager des changements techniques concrets et d’adapter les équipements : mise à hauteur des plans de travail, installation de ventilation, mises aux normes des pétrins…

Plus largement, elle aura permis de faire prendre conscience aux salariés de la nécessité de prendre en charge leur santé, de ne pas “ se détruire au travail ”, et donc d’adopter de nouvelles pratiques.
La fin de l’intervention se concrétise par la réalisation d’un guide méthodologique qui inventorie les différents risques rencontrés et qui propose les solutions à mettre en œuvre. Ce guide est intégré dans un classeur sécurité où le chef d’entreprise peut classer l’ensemble des documents santé sécurité (fiche d’entreprise du médecin du travail, fiche de données de sécurité des produits, contrat d’assurance incendie …)


Pérennisation de l'intervention


Transfert

Le guide recense les risques généraux (partagés par toute personne se trouvant dans un lieu, quelque soit son activité) et les risques spécifiques (propres à une situation de travail, à une activité).
Les entreprises qui n’ont pas participé à la démarche peuvent donc se réapproprier le document et constituer leur document unique adapté à leurs particularités.

Le syndicat des boulangers s’est engagé à diffuser le guide méthodologique (sous forme de classeur papier) à l’ensemble de ses adhérents et à transmettre régulièrement au travers du périodique de la profession des éléments de mise à jour à intégrer au classeur.


Enseignements

- L’ensemble du personnel doit être impliqué dans les petites entreprises où l’activité se fait en postes continus. Les boulangers ont profité de la démarche pour rompre l’isolement des travailleurs de nuit et faire remonter leurs plaintes.

- Le porteur du projet, qui sera chargé de la diffusion du guide méthodologique et de véhiculer un discours de prévention, doit être directement mobilisé dans la démarche. Dans cette intervention, la secrétaire du syndicat de la boulangerie a participé aux phases collectives de la formation-action pour comprendre l’esprit de la démarche et le diffuser auprès de l’ensemble des adhérents.

- Le transfert de l’action a été envisagé auprès des autres entreprises du secteur mais pas la pérennisation au sein des entreprises participantes. Pour avoir une meilleure visibilité de l’efficacité de l’action, il serait donc nécessaire que le comité de pilotage prévoie d’intégrer dès la conception du projet une phase d’évaluation. Cette évaluation serait également utile pour maintenir une dynamique et pérenniser l’action au sein du syndicat.


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