Traiter le risque en combinant un ensemble d'actions
L'analyse de l'existant révèle le plus souvent que
le risque n'est pas dû à une seule cause, mais à une convergence de causes plus ou moins liées entre elles.
Ces causes peuvent être, notamment : * des contraintes dues à l'activité (pression du temps par exemple)
*l'organisation (exemple : manque d'anticipation par rapport à l'utilisation d'un nouveau produit...)
* des équipements techniques et des matériaux encore à adapter
* des protections individuelles ou collectives qui empêchent la réalisation des tâches
* un manque de formalisation de procédures de sécurité
* une culture « métier » des salariés, qui, par méconnaissance des risques ou leur déni, ou encore soumis aux contraintes de production, vont s'exposer eux-mêmes à des risques professionnels, et mettre en jeu leur santé et sécurité au travail".
Pour être efficace, les solutions doivent tenir compte de ces différentes causes et
donc associer l’ensemble des secteurs de l’entreprise (conception, maintenance, RH…).
L’objectif est de réfléchir à une multiplicité de solutions et d’approches et de les combiner entre elles.
Un même risque peut ainsi être maîtrisé par différents moyens ou actions : changement de matériel, meilleure gestion des commandes, organisation du travail, formation…
Construire des outils de suivi
•
Formaliser le document unique et effectuer son suivi
Le document unique permettra de rassembler l'ensemble des risques identifiés.
Il doit être un outil dynamique qui s’enrichit lors de l'apparition de nouveaux risques liée à l’évolution des situations de travail (à défaut, il doit être actualisé au moins une fois par an).
Loin d'être un recueil « figé », le
document unique est donc un
outil de pilotage qui doit permettre d'identifier chaque risque présent dans l'entreprise et son niveau de maîtrise.
Téléchargez l'outil "Document Unique" •
Formaliser le plan d'action et effectuer son suivi Le
plan d'action permet de mettre en oeuvre les actions qui auront été jugées prioritaires par l'ensemble des acteurs de l'entreprise ; il doit d'ailleurs être soumis à l'avis du CHSCT ou des DP.
Le plan d'action
définit les moyens humains et financiers pour effectuer les actions de prévention en un temps donné. Téléchargez l'outil "Plan d'action" Le document unique et le plan d'action sont deux outils de prévention qui doivent être réactualisés de façon régulière. Selon la taille de l'entreprise, il est possible d'effectuer ce suivi au sein : des
comités de direction, au sein du
CHSCT, au cours des
réunions de DP ou au sein d'un
groupe de projet...
La définition d'un responsable projet (animateur-sécurité, qualité, maintenance...) est nécessaire à la pérennisation de la démarche.
Mesurer les résultats des actions de prévention
• Vérifier la pertinence des actions mises en oeuvre La stratégie adoptée, les priorités d'actions étaient-elles justifiées ?
A t-on traité le risque sous toutes ses dimensions (technique, humaine, organisationnelle...) ?
Certains risques importants ont-ils été négligés ?
• Identifier les effets des actions Le niveau de risque est le principal indicateur. Néanmoins, l'action peut toucher d’autres aspects (amélioration du climat social, baisse de l'absentéisme, amélioration de la qualité du produit, suggestions d’amélioration...).
Réajuster les actions
• en fonction des résultats mesurés et discutés • en fonction des changements techniques, organisationnels et humains, pouvant entraîner de nouveaux risques ou modifiant l'évaluation des risques antérieure.`
Par exemple, si l'on observe une augmentation du
stress des salariés, il est nécessaire de
réévaluer les mesures de prévention, si elles existent, et d'agir avant qu'il ne se transforme en absentéisme.
• en fonction des dysfonctionnements, des accidents du travail ou des maladies professionnelles Garder une trace des supports conçus durant la démarche
Garder une trace (par exemple en gardant différentes versions datées du
document unique et des plans d’action) permet de suivre
l'évolution de la politique de prévention et des résultats obtenus au cours des différentes phases de la démarche.
Au fil du temps, les acteurs de l'entreprise vont acquérir
une plus grande expertise dans la démarche.
Le piège à éviter...
Vouloir cocher une liste de risques a priori, réaliser l'évaluation " en chambre ", dans un bureau, engager des solutions toutes faites comme la seule formation des opérateurs.
Respecter des consignes est une démarche qui semble faire gagner du temps. En réalité, l'expérience montre qu'elle est peu productive.
En effet, ce type de démarche :
• ne cible que des risques connus ou théoriques liés à une profession (chute de plain-pied, risque hauteur, risques chimiques, etc.) et ne tient pas compte des situations présentes, de la réalité de l'entreprise avec son organisation, ses ressources et ses contraintes propres, laquelle peut être totalement différente d'une autre entreprise pourtant de la même profession.
• ne permet pas la mise en oeuvre de solutions adaptées.
• ne permet pas de comprendre et de traiter les raisons qui font que les accidents et les maladies professionnelles peuvent survenir (conditions d'exposition aux risques).
• ne permet pas d'améliorer le fonctionnement de l'entreprise et d'accroître son efficacité.
• ne sensibilise pas les personnes et ne favorise pas la prise en charge de la prévention par les acteurs eux-mêmes notamment l'encadrement.
• Evaluer le travail de prévention au regard de la baisse les AT-MP alors que, pour l’entreprise, les seules actions possibles ne peuvent viser qu’à faire baisser les risques.