Pourquoi partir de l'existant ?
• Pour
identifier des risques réels et non pas des dangers ou des risques théoriques sur la base d'une liste. Des outils tels que les référentiels de risques sont des moyens utiles mais restent insuffisants sans une analyse de l'activité propre de l'entreprise.
• Pour
comprendre l'émergence de ces risques par une analyse de l'activité des salariés.
• Pour
construire des solutions adaptées à la situation de travail.
• Pour
mieux prendre en compte les ressources et les contraintes propres à l'entreprise dans l'élaboration de ces solutions et dans leur mise en oeuvre.
Comment faire ?
1) Répertorier l’ensemble des données santé / sécurité qui existent dans l’entreprise.
* Données médicales (médecin du travail, infirmière) : restriction d’aptitude, recueil d’accident, fiche d’entreprise…
* Données techniques (rapports de vérifications, audits sécurité…)
* Ne pas oublier de répertorier certaines données relatives aux ressources humaines (turn-over, pyramide des âges...) qui permettent d'enrichir l'évaluation.
Téléchargez l'outil «
Recensement des données utiles »
2) Analyser les risques ET l’organisation de la prévention dans l’entreprise.
Identifier les risques ne suffit pas à les traiter ou les maîtriser. Il faut aussi mettre en évidence la manière dont l'entreprise repère et évalue les risques, construit des solutions et suit les améliorations.
Il faut donc repérer les éléments suivants : • Des
documents d'évaluation et des plans d'actions existent-ils?
• Une
personne chargée de la prévention est-elle identifiée?
• Y a-t-il une analyse
des incidents qui pourraient générer des risques ? Les personnes concernées sont-elles associées à cette analyse ?
• Comment sont conçues et mises en oeuvre les solutions ?
• La mise en œuvre des solutions est-elle suivie et comment ?
• L'encadrement est-il impliqué ?
• Etc.
3)
Analyser la structure de la population (jeunes embauchés salariés expérimentés...)
et les facteurs organisationnels (saisonnalité de l'activité, encadrement, charge de travail...) car ce sont des éléments qui :
- Ont une influence sur le risque de survenue d’accident,
- Expliquent le fonctionnement de l’organisation de la prévention.
4) De l’ensemble de ces données et de leur analyse, il est possible d’obtenir un premier niveau de réponse aux questions :
• Quels sont les
risques connus et maîtrisés ? • Quels sont les
risques qu'on n'arrive pas à traiter ? Cela permet de faciliter la recherche de solutions et l'élaboration du plan d'actions.
Téléchargez l'outil d'autodiagnostic Comment mieux évaluer les risques ?
• Il est important de comprendre les raisons de la survenue éventuelle d'AT/MP, c'est-à-dire d'analyser les conditions qui dans l'activité ou le travail concret de l'opérateur peuvent conduire à l'AT/MP (ce que l'on nomme les « conditions d'exposition aux risques »).
En effet, pour agir il n'est pas suffisant de savoir qu'il y a risque de chute en hauteur. En revanche, il est utile de savoir pourquoi, quand et comment, peut survenir l'accident.
Téléchargez l'outil "condition d'exposition au risque"
• Analyser le travail est alors nécessaire :
Téléchargez l'outil "5M"
Téléchargez l'outil "QQOQCP"
Cette analyse se fait au sein d'unités de travail, qui permettent de découper l'entreprise en plusieurs sous-ensembles.
Elles regroupent des salariés exposés à des risques professionnels similaires ou à des conditions homogènes d’exposition.
Les critères discriminants sont : le poste, le secteur d'activité, le métier ou la fonction, les tâches à effectuer, le secteur géographique.
Téléchargez l'outil "Unités de travail"
Pourquoi, à ce stade, associer les salariés ?
Face aux différentes contraintes auxquelles il est soumis, pour réaliser « son travail » ou « sa mission », le salarié est actif et élabore des stratégies, souvent méconnues des responsables de l’entreprise. Les stratégies peuvent différer d’un salarié à un autre selon leurs expériences, leurs formations, leurs capacités physiques, …
Pour bien identifier les risques et les réduire ou les maîtriser, il est nécessaire :
• de comprendre les différentes contraintes auxquelles il est soumis et d’étudier les stratégies qu’il adopte pour y faire face en fonction de ses marges de manœuvres.
• de connaître son rapport au métier, aux hiérarchiques, aux collègues... et d'écouter ses plaintes, son degré de satisfaction au travail, son niveau de stress...
• de comprendre son rapport au risque
Connaît-il les risques ? Quelle importance ont-ils pour lui ? Quelles sont ses manières ou stratégies pour y faire face ? Préfère-t-il ne pas en parler ?.