En 1995, le nombre de maladies professionnelles pour surdité était de 777. Après avoir baissé autour de 500, il est de 632 en 2003. Les secteurs les plus générateurs d’atteintes auditives sont la métallurgie, le BTP, l’industrie du bois et textile.
En 2003,
le bruit touche trois salariés sur dix selon l’étude de la DARES : «
Le bruit au travail en 2003 ». Dans certains secteurs, c’est plus du quart des salariés qui est soumis aux nuisances sonores nocives (
1), c’est le cas pour l’industrie du bois, et du papier, la métallurgie et la transformation des métaux, l’industrie des produits minéraux.
Une autre étude «
L’exposition aux risques et aux pénibilités du travail de 1994 à 2003 » montre que le bruit n’est pas un risque qui est en baisse car il aurait cru entre 1994 et 2003.
Les
nuisances sonores au travail font parties des risques qu’il faut évaluer dans le cadre de la prévention des risques professionnels. L'employeur doit évaluer et, si nécessaire, mesurer les niveaux de bruit auxquels les travailleurs sont exposés. Sur la base de ces informations, l’employeur détermine si les valeurs limites d’exposition et les valeurs d’exposition déclenchant des actions de prévention sont dépassées. Par comparaison, antérieurement à ce décret, la réglementation ne prévoyait un contrôle d'exposition au bruit que tous les 3 ans au moins. L’évaluation doit paraître dans le Document Unique ainsi que les actions de prévention mises en œuvre.
Les atteintes auditives peuvent être reconnues en maladie professionnelle selon des critères précis qui sont inscrits dans un tableau intitulé «
Atteintes auditives provoquées par les bruits lésionnels »
-
le tableau n° 42 pour l
e régime général (le dernier décret le modifiant date du 25 septembre 2003);
-
le tableau n°46 pour
le régime agricole (le dernier décret est du 19 juillet 2007).
Pour connaître ce qu’est une maladie professionnelle vous pouvez vous reporter à un questionnaire «
Les maladies professionnelles en 10 questions » .
Une surdité reconnue en maladie professionnelle coûte 93 000 euros par travailleur. De plus ces surdités sont progressives, irréversibles et difficilement appareillables.
Pourquoi s’occuper du bruit ?Le niveau sonore de 85 dB(A) pendant 20 heures par
semaine est nocif. La directive européenne 2003/10/CE, traduite en droit français depuis 2006 (décret n° 2006-892 du 19/07/2006 et arrêté du 19/07/06), incite à des
actions de prévention dès un niveau d’exposition quotidien de
80 dB(A) ou un niveau d’exposition de crête (lié aux impulsions) de 135 dB (C). Elle fixe
une valeur limite d’exposition quotidienne à 87 dB en tenant compte des protections auditives portées par les travailleurs ou un niveau d’exposition de crête de moins de 140 dB(C).
Le bruit ne provoque pas uniquement des troubles auditifs mais également d’autres symptômes : il favorise les maladies cardiovasculaires, il est source de fatigue, d’irritabilité et de stress.
Même à
un niveau inférieur à 85 dB(A), le bruit peut être une gêne. En effet, lorsque l’on réalise un travail dit « intellectuel » qui demande de la réflexion, un niveau sonore de 70 dB(A) peut être perturbant. Il est conseillé un niveau inférieur à 55dbA
De même,
un bruit de fond sur une durée prolongée peut être source de fatigue et plus particulièrement si le travail demande de la concentration. N’a-t-on pas fait l’expérience du silence (relatif) que l’on perçoit quand on débranche un ordinateur ou une climatisation qui ont un ventilateur bruyant ? Cela ne provoque-t-il pas un certain soulagement !
Les bruits impulsifs peuvent également provoquer une tension soudaine et momentanée qui lorsqu’elle est répétée peut être vécue comme insupportable. Un seul son très intense peut provoquer un traumatisme aigu (coup de feu). Les bruits impulsifs ont souvent des niveaux importants supérieurs à ce que l’on croit.
(
1) Les bruits nocifs sont ceux qui sont susceptibles de porter au système auditif. Les autres bruits ont des conséquences moins lourdes mais s’ils peuvent avoir également des effets sur la santé, la qualité de la vie au travail.