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Le bruit et les risques d’atteintes auditives
 
Le bruit

Définition

Le son est une vibration qui ondule selon une certaine fréquence (exprimée en Hertz) : le son est aigu quand elle est élevée, le son est grave quand elle est basse.


L’oreille réceptionne les sons à l’aide de :
- l’oreille externe : le pavillon et le conduit auditif qui se termine par une membrane appelée : le tympan
- l’oreille moyenne est constituée de 3 petits os : l’étrier, l’enclume et le marteau. Les vibrations du tympan sont transmises par ces os à l’oreille interne.
- l’oreille interne est une caisse de résonance qui amplifient les vibrations et les transforment en influx nerveux pour les transmettre au cerveau qui va l’analyser et provoquer la « sensation auditive ».

Le bruit n’est quelquefois qu’un son que l’on trouve désagréable ; mais le son est aussi une source d’informations.

L’unité sonore ou de bruit est le décibel A (dB(A)). Elle suit une échelle non linéaire ce qui signifie que si une machine émet 80dBA, 2 machines émettront 83dB(A).

Contexte

En 1995, le nombre de maladies professionnelles pour surdité était de 777. Après avoir baissé autour de 500, il est de 632 en 2003.  Les secteurs les plus générateurs d’atteintes auditives sont la métallurgie, le BTP, l’industrie du bois et textile.

En 2003, le bruit touche trois salariés sur dix selon l’étude de la DARES : « Le bruit au travail en 2003 ». Dans certains secteurs, c’est plus du quart des salariés qui est soumis aux nuisances sonores nocives (1), c’est le cas pour l’industrie du bois, et du papier, la métallurgie et la transformation des métaux, l’industrie des produits minéraux.

Une autre étude « L’exposition aux risques et aux pénibilités du travail de 1994 à 2003 » montre que le bruit n’est pas un risque qui est en baisse car il aurait cru entre 1994 et 2003.

Les nuisances sonores au travail font parties des risques qu’il faut évaluer dans le cadre de la prévention des risques professionnels. L'employeur doit évaluer et, si nécessaire, mesurer les niveaux de bruit auxquels les travailleurs sont exposés. Sur la base de ces informations, l’employeur détermine si les valeurs limites d’exposition et les valeurs d’exposition déclenchant des actions de prévention sont dépassées. Par comparaison, antérieurement à ce décret, la réglementation ne prévoyait un contrôle d'exposition au bruit que tous les 3 ans au moins. L’évaluation doit paraître dans le Document Unique ainsi que les actions de prévention mises en œuvre. 


Les atteintes auditives peuvent être reconnues en maladie professionnelle selon des critères précis qui sont inscrits dans un tableau  intitulé « Atteintes auditives provoquées par les bruits lésionnels »
- le tableau n° 42 pour le régime général (le dernier décret le modifiant date du 25 septembre 2003);
- le tableau n°46  pour le régime agricole (le dernier décret est du 19 juillet 2007).

Pour connaître  ce qu’est une maladie professionnelle vous pouvez vous reporter à un questionnaire « Les maladies professionnelles en 10 questions » .

Une surdité reconnue en maladie professionnelle coûte 93 000 euros par travailleur. De plus ces surdités sont progressives, irréversibles et difficilement appareillables.

Pourquoi s’occuper du bruit ?

Le niveau sonore de 85 dB(A) pendant 20 heures par semaine est nocif. La directive européenne 2003/10/CE, traduite en droit français depuis 2006 (décret n° 2006-892 du 19/07/2006 et arrêté du 19/07/06), incite à des actions de prévention dès un niveau d’exposition quotidien de 80 dB(A) ou un niveau d’exposition de crête (lié aux impulsions)  de 135 dB (C). Elle fixe une valeur limite d’exposition quotidienne à 87 dB en tenant compte des protections auditives portées par les travailleurs ou un niveau d’exposition de crête de moins de 140 dB(C).


Le bruit ne provoque pas uniquement des troubles auditifs mais également d’autres symptômes : il favorise les maladies cardiovasculaires, il est source de fatigue, d’irritabilité et de stress.

Même à un niveau inférieur à 85 dB(A), le bruit peut être une gêne. En effet, lorsque l’on réalise un travail dit « intellectuel » qui demande de la réflexion, un niveau sonore de 70 dB(A) peut être perturbant. Il est conseillé un niveau inférieur à 55dbA

De même, un bruit de fond sur une durée prolongée peut être source de fatigue et plus particulièrement si le travail demande de la concentration. N’a-t-on pas fait l’expérience du silence (relatif) que l’on perçoit quand on débranche un ordinateur ou une climatisation qui ont un ventilateur bruyant ? Cela ne provoque-t-il pas un certain soulagement !

Les bruits impulsifs peuvent également provoquer une tension soudaine et momentanée qui lorsqu’elle est répétée peut être vécue comme insupportable. Un seul son très intense peut provoquer un traumatisme aigu (coup de feu). Les bruits impulsifs ont souvent des niveaux importants supérieurs à ce que l’on croit.


  (1) Les bruits nocifs sont ceux qui sont susceptibles de porter au système auditif. Les autres bruits ont des conséquences moins lourdes mais s’ils peuvent avoir également des effets sur la santé, la qualité de la vie au travail.
 

Comment trouver des solutions ?

Respecter les principes généraux de prévention
Comme pour n’importe quel risque, la démarche de prévention doit répondre aux principes généraux de prévention à savoir (dans l’ordre) :
- éviter le risque, en achetant ou en inscrivant le niveau sonore maximum dans le cahier des charges de conception des machines,
- évaluer le risque qui ne peut être évité,
- combattre le risque à la source, coffrage, cloisonnement des machines
- éviter la propagation et la réverbération du bruit par traitement du  local
- prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protections individuelles, c’est-à-dire d’abord les actions ci-dessus plutôt que des bouchons d’oreille ou des casques.

Mais, attention, les sons ne sont pas seulement une nuisance !!
Si la réduction des niveaux sonores élevés constitue un objectif essentiel de prévention, il faut noter que, les « bruits » constituent des repères pour réaliser son travail. Ainsi, une machine ne fait pas le même bruit, selon la phase de travail (en début ou fin de cycle), lorsqu’elle ne fonctionne pas correctement, …. Un son nouveau peut apparaître et indiquer un dysfonctionnement à venir. Un travailleur expérimenté se sert des sons et de leurs variations.

Lors d’un capotage, il est prudent d’identifier les repères auditifs qui seront perdus et réfléchir pour donner d’autres sources d’informations au conducteur de la machine. Plus généralement les capotages doivent être adaptés aux différentes phases de travail : conduite, résolution d’aléas, maintenance, … C’est une condition indispensable pour éviter les capotages laissés ouverts et des investissements réalisés à fonds perdus.

Lors d’un cloisonnement entre des machines, il faut savoir qu’elles seront les informations sonores mais aussi visuelles qui ne seront plus possibles entre les membres de l’équipe de travail.

Pour aller plus loin :

Pour la prévention des risques dus au bruit, vous pouvez vos référer aux articles R 232.8 et suivants du Code du Travail, sur le site  Légifrance : www.legifrance.gouv.fr

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