Définition
Un
cancérogène (ou cancérigène) est
un agent capable :
• de provoquer le cancer
• d'augmenter la probabilité de survenue
du cancer dans une population exposée,
• de favoriser une survenue plus précoce
de tumeurs cancérogènes dans une population. |
Les cancers peuvent résulter d'une interaction entre
plusieurs agents cancérogènes qui peuvent
être d'origine chimique, physique
ou biologique.
L'évaluation de ce risque est à manier avec grande précaution et réclame une grande expertise. Pour mettre en oeuvre des mesures préventives, il convient donc de s'entourer des services de médecine du travail qui diposent des compétences appropriées.
Contexte
|
Le cancer est en France un problème
de santé publique majeur. |
La Commission d'orientation sur le cancer, dans un rapport de janvier
2003, fait état de 278 000 nouveaux cas et 150 000
décès dus à cette maladie pour l'année
2000.
Les cancers représentent
globalement la deuxième cause de mortalité
en France derrière les affections cardiovasculaires.
L'origine professionnelle
de la maladie est fortement suspectée dans 4 à
10 % des cas et dans plus de 15 % si l'on évoque le cancer
du poumon.
Pourquoi s'en préoccuper ?
L'exposition à des agents
cancérogènes d'origine industrielle concernerait
entre 1,4 et 2,6 millions de travailleurs
sur l'ensemble du territoire nationnal
selon les chiffres issus de la
base internationale CAREX (Carcinogen Exposure)
|
L 'origine professionnelle des cancers est
difficile à établir pour deux raisons :
• le cancer
se développe à partir de facteurs multiples
qui ne sont pas toujours d'origine professionnelle ; Par exemple,
la consommation d'alcool ou de tabac associés à l'exposition
à l'amiante augmente le risque de survenue de la maladie.
• L'apparition
de la pathologie est souvent tardive : les temps de
latence sont parfois très longs (20 à 50 ans) entre
l'exposition à un agent et l'apparition des lésions
cancéreuses.
Tous
les secteurs d'activité sont
susceptibles d'être concernés par la prévention
du risque cancérogène professionnel
.
Quelle que soit l'activité, une exposition potentielle (même
faible) à un agent cancérogène, qu'il soit
chimique, physique ou biologique, doit être recherchée
lors de l'évaluation des risques, obligatoire dans toute
entreprise.
A quoi sont dû les
cancers professionnels ?
|
Le cancer est une pathologie multifactorielle
dans laquelle
les expositions professionnelles peuvent avoir un rôle
essentiel |
Sa survenue dépend également
d'autres facteurs :
- exposition à un agent physique ou chimique cancérogène
dans la vie domestique
- exposition environnementale
- mode de vie (alimentation, tabagisme)...
Pour certains agents présents
à l'état naturel dans l'environnement, la survenue
de pathologies cancéreuses ne pourra être observée
que dans certaines circonstances particulières, comme un
empoussièrement d'origine professionnelle ou extra-professionnelle
(amiante, silice, bois).
Comment prévenir ?
• Evaluer l'exposition
Cette démarche impose de connaître
les voies d'exposition en milieu professionnel :
- l'inhalation
(poussières, gaz, aérosols)
- la pénétration
cutanée et l'ingestion (par l'intermédiaire
de mains souillées...).
La quantification
de l'exposition met en jeu différentes méthodes
:
- les visites de poste,
- la métrologie
d'atmosphère (au niveau des postes et des ambiances
de travail)
- la biométrologie
(pour mieux évaluer l'imprégnation des salariés).
Des renseignements sont également fournis par des méthodes
non expérimentales qui s'appuient sur la documentation scientifique,
les intitulés des emplois ou encore les matrices emploi-exposition.
• Gérer
le risque
Si un risque est mis en évidence,
notamment à partir des évaluations d'expositions,
plusieurs situations sont à considérer :
• s'il s'agit
d'un produit chimique cancérogène catégorie
1 ou 2 : un ensemble de mesures doivent être
impérativement prises par l'employeur (substitution, vase
clos...) et sont dictées par la réglementation.
• S'il s'agit
d'un produit chimique cancérogène catégorie
3 suspecté d'être cancérogène,
l'attention est attirée et des mesures de prévention
doivent également être prises.
• S'il s'agit
de rayonnements ionisants , les principes fondamentaux
de la radioprotection s'appliquent :
- justification de l'utilisation des rayonnements ionisants par
les avantages qu'elle procure
- optimisation des besoins de radioprotection, basée sur
la notion ALARA (obtenir des expositions aussi basses que possible)
- limitation des expositions.
Dans le cas où l'utilisation
des rayonnements ionisants est nécessaire, le médecin
du travail en binôme avec la personne chargée de réaliser
l'évaluation à des fins d'optimisation des postes
de travail veillent au respect des mesures de radioprotection et
participent à la formation des travailleurs exposés.
• S'il s'agit
d'agents biologiques classés cancérogène ou
suspectés de l'être - rencontrés plutôt
dans les secteurs de la santé, le secteur agricole ou encore
l'agroalimentaire -, la prévention doit aussi s'adapter aux
circonstances d'exposition professionnelle, mais aussi à
la nature du risque cancérogène (...)
Méthode (Résumé
du décret CMR du 01/02/2001)
• Évaluation
des risques : nature, niveau et durée de l'exposition
à l'agent cancérogène ou mutagène, afin
de définir des mesures de prévention et des procédures
et méthodes de travail appropriées.
• Substitution
obligatoire de la substance dangereuse par un autre produit ou un
autre procédé lorsque c'est techniquement possible.
• Travail
en système clos lorsque c'est techniquement possible
et qu'une substitution n'a pu être mise en place.
• Captage
des polluants à la source lorsque la substitution
et le travail en système clos ne sont pas applicables, et
en particulier, lorsqu'il a rupture du confinement (opérations
de maintenance, échantillonnage, nettoyage).
• Limitation
du nombre de travailleurs exposés ou susceptibles
de l'être.
• Mise en place de
mesures de détection précoces, d'hygiène
et de dispositifs en cas d'urgence (en particulier lors d'éventuelles
ruptures du confinement des systèmes clos).
• Délimitation
et balisage des zones à risques, étiquetage
des récipients .
• Formation
et information des travailleurs .
• Suivi médical
: surveillance médicale régulière pendant toute
la durée de l'activité professionnelle, constitution
d'un dossier médical pour chaque travailleur exposé
à un agent cancérogène ou mutagène (comportant
un double de la fiche d'exposition établie par l'employeur),
établissement d'une fiche d'aptitude par le médecin
du travail (renouvelable au moins une fois par an), attestation
de non contre-indication).
Cette fiche a été
établie à partir du dossier de l'INRS " Risques
cancérogène en milieu de travail " et sur la
fiche ED 5013 de l'INRS " le point sur les cancers professionnels ".
Vous retrouverez le dossier complet sur : http://www.inrs.fr
Pour aller plus loin :
http://www.inrs.fr : Un dossier complet de l'INRS sur le risque
professionnel, dans lequel est proposé la classification
réglementaire sur les produits chimiques cancérogènes,
mutagènes, toxiques pour la reproduction (ND 2168)
http://www.sante.gouv.fr
: Le site du ministère de la santé permet d'accéder
aux textes juridiques concernant le risque cancer (Accès
par Thèmes / Maladies / Cancer)