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Les risques particuliers
Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS)
 
 

Contexte
 

Les Troubles musculo-squelletiques constituent la première cause de maladie professionnelle en France. Leur nombre augmente de plus de 15% chaque année. En 2006, dans le secteur privé (hors secteur agricole), 32 500 cas ont été reconnus par les CRAM, soit 77% de l'ensemble des maladies professionnelles. Tous les secteurs d'activité sont touchés.

cliquez sur le graphique
 



 
Pour plus d’information sur les chiffres en région Rhône-Alpes et par secteurs d’activité :

http://www.cramra.fr/entreprise/risquesprof/ statistiquesATMP/ cadrestat.htm

Pour des chiffres au niveau national :
http://www.risquesprofessionnels.ameli.fr/fr/maladies_professionnelles 2/maladies professionnelles_2_stats_gen_1.php


Votre entreprise est-elle concernée par le risque TMS ?



Qu'est ce qu'un TMS ?

Les TMS sont des pathologies affectant les muscles, les tendons ou les nerfs des membres et de la colonne vertébrale.

Ils s’expriment par des douleurs, une perte de mobilité ou une perte de force. Cela peut aller jusqu’au recours à des opérations chirurgicales ou jusqu’à des incapacités fonctionnelles permanentes.

Le terme TMS regroupe un grand nombre de pathologies. Les plus courantes sont :
-    le syndrome du canal carpien, au niveau de la main et du poignet (presque la moitié des TMS reconnus) ;
-    la tendinite de la coiffe des rotateurs, au niveau de l’épaule ;
-    l’épicondylite et l’hygroma, au niveau du coude ;
-    les lombalgie, dorsalgie et rachialgie, au niveau du dos.

 
Les TMS peuvent être reconnus comme Maladies Professionnelles (on parle généralement des tableaux « MP57 » pour le membre supérieur et « MP98 » pour le dos). La réalité des TMS est toutefois évolutive et dépasse donc la seule notion de MP reconnue.




On peut noter que plusieurs études épidémiologiques ont montré la part prépondérante des facteurs de risque liés au travail lors de la survenue de TMS en milieu professionnel. La part des facteurs personnels ou extra-professionnels reste faible. Vous pouvez sur ce point consulter une synthèse d’articles de l’InVS

Quels signaux d'alerte pour identifier le risque de TMS ?


De nombreux signaux, en lien avec les TMS ou avec leurs conséquences, peuvent être suivis et analysés dans votre entreprise :

  • Le nombre de maladies professionnelles (MP) en lien avec les TMS.
Il s’agit d’une information dont le suivi régulier est indispensable. Cela ne constitue toutefois que la partie émergée du problème TMS.
 
Outre l’impact direct sur le montant des cotisations MP auprès de la CRAM, les maladies professionnelles génèrent des coûts de gestion, des coûts liés à l’absentéisme.
 

  •  Les restrictions d’aptitudes (ou les contre-indications) données par votre médecin du travail sur les fiches d’aptitude.
Les douleurs liées aux TMS sont l’une des premières causes de restriction d’aptitude ou d’inaptitude. Cela entraîne des difficultés dans la gestion des effectifs en production, des pertes de savoir-faire…
 

  • L’évolution de l’absentéisme.
Les TMS génèrent de l’absentéisme, sous forme de longs arrêts (opérations, prescription de repos et de soins par le médecin du travail) mais également d’arrêts courts permettant aux salariés de tenir dans leur travail. Cet absentéisme perturbe la production, impose des remplacements, génère des coûts indirects de gestion, de formation…
 

  • L’analyse des accidents du travail (AT).
Il est en effet fréquent que des problèmes de dos ou d’épaule soient déclarés sous forme d’accident du travail (douleur arrivée subitement suite à un geste brusque)
 

  •  Des douleurs exprimées par certains salariés.
Les douleurs ressenties par les salariés impactent la vie de ces salariés mais aussi celle de l’entreprise : elles entraînent de l’absentéisme, la précision des gestes diminue (avec des pertes de rendement et de qualité), l’ambiance de travail peut se dégrader…
 
  • Des problèmes de pannes récurrentes, de postes mal conçus ou de manque de place remontés par les salariés ou l’encadrement de proximité.
  •  Des signes de démotivation au travail, une ambiance de travail dégradée, des situations de stress ou de tension fréquentes…
Ces signes sont révélateurs d’un problème dans l’entreprise. Celui-ci peut être en lien avec les TMS, soit comme cause, soit comme conséquence.
 
  • Des difficultés à recruter ou à fidéliser le personnel ou des intérimaires.
Elles sont peut-être dues à une trop grande pénibilité des situations de travail.
 
  • L’évolution de votre personnel, notamment en terme de vieillissement.
Il faut anticiper les conséquences d’un vieillissement prévisible dans certaines entreprises.


 

Quelles sont les causes des TMS ?

Les facteurs de risque sont nombreux et souvent imbriqués :

  • La sur-sollicitation des articulations et du dos (on parle aussi de facteurs biomécaniques).
Elle apparaît très vite, dans des situations de travail variées : gestes répétitifs, mouvements de grande amplitude articulaire, efforts importants, postures prolongées…
 
Elle est liée à la conception des postes de travail, aux choix dans la décomposition du travail, aux cadences…
 
  • D’autres facteurs physiologiques peuvent intervenir : froid, vibrations, stress…
  • Des situations de travail rendues trop difficiles à gérer pour les salariés (on parle aussi de facteurs organisationnels).
Ces situations sont liées, par exemple, à la réduction des stocks intermédiaires, au manque d’espace, à des changements trop fréquents de produits ou de procédures, à des variabilités de charge ou d’effectif, à un management trop directif et sans concertation, à un manque de formation des nouveaux salariés ou intérimaires, au manque de possibilités d’entraide…
 
Ces facteurs, très importants, sont souvent sous-estimés par les entreprises.
 
  • Un manque de satisfaction croissant dans le travail (on parle aussi de facteurs psychosociaux).
De nombreux aspects psychologiques ou sociaux sont en lien avec les TMS : appauvrissement de l’intérêt du travail, dégradation des collectifs de travail, craintes sur l’évolution de l’entreprise…
 
  •  Des facteurs liés à la population de l’entreprise, notamment l’age des salariés (ou l’ancienneté sur des postes difficiles).
Ces facteurs prennent une importance accrue du fait de l’allongement de la vie au travail.
 


 


Comment agir ?


L’entreprise doit s’inscrire dans une vraie démarche de prévention, sur le long terme. Plusieurs points semblent importants pour assurer l’efficacité d’une telle démarche :

  •  Une démarche concertée entre la direction et les instances représentatives du personnel.
  • Une démarche s’inscrivant dans la durée.
  • Une démarche visant à mieux comprendre la réalité du travail dans l’entreprise, et non à appliquer des solutions a priori.
On peut pour cela faire des observations, des entretiens aux postes, des réflexions en groupes de travail…
 
  • Une démarche interrogeant les différentes dimensions du travail : techniques, organisationnelles, psychosociales…
Les entreprises privilégient souvent les dimensions techniques (conception des postes, aides à la manutention…) ou individuelles (formations « gestes et postures »).
 
Mais l’expérience montre qu’une réflexion plus profonde sur l’évolution et sur l’organisation du travail est également nécessaire.
 
  •  Une démarche participative, s’appuyant le plus possible sur la connaissance qu’ont les opérateurs et l’encadrement de proximité de leur travail et des difficultés rencontrées.
  • Le recours aux compétences internes et éventuellement externes pouvant enrichir la phase d’analyse et la recherche de solutions :
- le médecin du travail a un rôle important sur les questions de santé au travail ; il a une bonne vision des pathologies et des douleurs ressenties par les salariés ; il peut ainsi aider à identifier certains facteurs ;
 
- les compétences RH de l’entreprise (données sur le personnel, gestions des parcours, formations…) ;
 
- le service méthode ou les fournisseurs, dans les phases de recherche de solution ;
- une aide extérieure (CRAM ou MSA, ergonomes, ARAVIS…) est le moyen d’apporter une meilleure connaissance du sujet ; de manière périodique, elle peut aider à conserver une dynamique à la démarche de prévention.


 

Des outils, des exemples :
 

  • L’outil RITHMS2, créé par la CRAM Rhône-Alpes, propose une démarche simple pour vous aider à identifier les facteurs de risque TMS dans votre entreprise.
  • La check-list de l’OSHA est un outil de dépistage des situations de travail susceptibles d’être à risque de TMS du membre supérieur. Il peut par exemple être utilisé pour la réalisation de « l’évaluation a priori des risques » prescrite par la loi (Document Unique). C’est un outil simple, conçu pour pouvoir être utilisé sans compétence particulière en ergonomie.
  •  Les leviers d’action permettant de traiter le risque TMS sont nombreux. Ils sont plus ou moins adaptés à la situation de chaque entreprise. Proposée à titre indicatif, voici une liste de leviers qui pourra vous suggérer de nouvelles pistes de réflexion pour votre propre situation. Elle n’est bien sûr pas exhaustive.
 

Qui peut vous aider ?

De nombreux acteurs peuvent vous aider (conseil, formation, accompagnement, financement…) dans vos démarches de prévention :
  •  Votre médecin du travail est un acteur central pour toutes les questions de santé et de prévention dans votre entreprise. Il est l’un des interlocuteurs clé pour repérer les signaux d’alerte. N’hésitez pas à le contacter ou à le solliciter sans attendre qu’il y ait une déclaration de maladie professionnelle.
  • Votre fédération sectorielle peut peut-être vous aider dans votre évaluation du risque TMS (brochures, outils spécifiques…) ou dans la mise en place d'une démarche de prévention.
  • La CRAM ou la MSA sont également une force de conseil sur toutes les questions de prévention. N’hésitez pas à en parler à votre contrôleur.
Pour une information sur l’offre de conseil et de formation de la CRAM Rhône-Alpes : http://www.cramra.fr/entreprise/risquesprof/cadre_accueil prevention.html
 
  • Parmi les consultants, les ergonomes sont ceux qui proposent en général l’approche la plus globale.
En Rhône-Alpes, vous pouvez par exemple consulter le site de l’association d’ergonomes GERRA : http://www.gerra.asso.fr
 
  •  Le réseau ANACT / ARACT est également une force d’appui aux entreprise sur cette problématique TMS : diffusion d’outils, intervention, formation… Il gère par ailleurs le Fond pour l’Amélioration des Conditions de Travail (FACT) : la prévention des TMS est l’un des axes prioritaires de cette aide destinée au PME.
En Rhône-Alpes, vous pouvez contacter ARAVIS : http://www.aravis.aract.fr/
 
  •  Des organismes peuvent vous aider à financer certaines actions :
-  les OPCA : pour des formations ;
 
-  l'AGEFIPH : pour des actions visant le maintien dans l'emploi.
 

En Rhône-Alpes, vous pouvez trouver des informations complémentaires sur la plaquette «Prévention des TMS : des organismes à votre service en Région Rhône-Alpes ».


Vous êtes un acteur territorial ou sectoriel ? vous souhaitez monter un projet de prévention ?

La prévention TMS est une priorité pour les acteurs institutionnels de la prévention. En Rhône-Alpes, un partenariat entre ARAVIS, la CRAM et la DRTEFP, engagé depuis 2006, vise à accroître l’efficacité de leurs actions sur ce sujet en favorisant des collaborations et des initiatives concertées. Ce partenariat est cohérent avec le Plan Régional Santé au Travail (PRST) de la DRTEFP et les orientations de son « comité technique TMS ».

Cette coordination régionale, capable de mobiliser de multiples ressources (compétences, financements, partenaires…), peut vous aider à construire un projet multi-entreprises auprès des entreprises de vos réseaux.
 

Pour plus d'information :

Vous pouvez trouver des informations complémentaires via les liens suivants :
On y trouve des dossiers complets sur la prévention des TMS et des lombalgies, avec des liens vers les principales publications de l’INRS sur le sujet.
 
On y trouve des cas d’entreprise et un dossier thématique sur les TMS, avec des liens vers des données d’actualité.
 

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