Définition
Le stress
est devenu un mot à géométrie variable utilisé
pour nommer des réalités très diverses
que les salariés n'arrivent pas toujours à identifier.
Il peut être utilisé aussi bien pour désigner
des causes, des conséquences,
des symptômes...Face au flou qui règne
autour de ce concept, l'agence européenne pour la sécurité
et la santé au travail propose une définition :
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un état de stress " survient
lorsqu'il y a un déséquilibre entre la perception
qu'une personne a des contraintes que lui impose son environnement
et la perception qu'elle a de ses propres ressources pour
y faire face...Il affecte également la santé
physique, le bien-être et la performance de la personne
qui y est soumise. " |
Le stress n'est pas une maladie
en tant que telle, mais une exposition prolongée
au stress peut réduire l'efficacité au travail.
Le stress ne touche pas de la
même manière tous les individus. Néanmoins,
dans une entreprise, le niveau de stress est lié à
la façon dont les salariés gèrent collectivement
leur charge de travail.
Contexte
Le travail évolue, les risques
professionnels aussi
Depuis une dizaine d'années,
les enquêtes révèlent une intensification
du travail généralisée à l'ensemble
des activités.
Quel que soit son métier, le salarié d'aujourd'hui
doit être autonome et gérer
différentes contraintes dans un temps limité
; il doit aussi savoir s'adapter aux changements fréquents
d'organisation et répondre aux exigences conjointes du client
et de la hiérarchie, ce qui accroît considérablement
sa charge mentale...
28% des salariés
européens déclarent que leur travail est source de
stress.
En France, les pathologies liées au stress professionnel
affectent en 2000 entre 220 500 et 335000 personnes. La même
année, le coût social du stress au travail est compris
entre 830 et 1656 millions d'euros, ce qui équivaut à
10 ou 20 % des dépenses de la branche accidents du travail
/ maladies professionnelles de la sécurité sociale.
Pourquoi s'en préoccuper ?
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Le
stress résulte de l'inadéquation entre les contraintes
imposées aux salariés et l'absence de moyens
et de marges de manoeuvre
pour y faire face. |
Bien que le stress affecte l'individu, il est souvent révélateur
de dysfonctionnements collectifs et organisationnels et
remet en question l'efficacité de l'entreprise.
Celle-ci gagne donc à réguler collectivement
la charge de travail et à trouver un compromis entre
ses objectifs de production et la santé de ses salariés.
En anticipant la survenue du
stress, l'entreprise prévient l'apparition de problèmes
de santé psychique plus graves (perte de confiance, démobilisation,
dépression...). Elle diminue également la
probabilité d'apparition des maladies professionnelles
(telles que les troubles musculo-squelettiques) et des accidents
du travail.
A quoi est dû le stress ?
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Le stress est un phénomène
aux causes multiples |
Pour prévenir le stress au travail, il faut d'abord comprendre
ce que signifie cette notion et ce qu'elle recouvre.
Derrière ce terme se retrouvent
différents facteurs :
• L'organisation
du travail : absence de contrôle sur la répartition
et la planification des tâches pour le salarié, imprécision
des missions, flux tendus, recours à l'intérim, relation
aux clients...
• Les relations
de travail : manque de soutien de la part des collègues,
reconnaissance du travail insuffisante, l'absence d'objectifs clairs
de la part de la hiérarchie...
• La nature
de la tâche : activités répétitives,
pressions temporelles, résolution de problèmes complexes...
• L'environnement
physique : bruit, chaleur, humidité...
• L'environnement
socio-économique : compétitivité,
concurrence, santé économique de l'entreprise, dépendance
au donneur d'ordre ou à la clientèle...
Pour comprendre
le stress, il est donc nécessaire d'étudier l'entreprise
dans sa globalité. Mais l'analyse doit également tenir
compte de la façon dont les individus perçoivent ces
contraintes et les moyens dont ils disposent pour y faire face.
Comment trouver des solutions ?
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Une réelle politique de
prévention du stress privilégiera une action
impliquant l'ensemble des salariés plutôt que
des interventions ponctuelles centrées sur les individus
(coaching, relaxation...). |
L'intérêt d'une gestion collective du stress est de
permettre à la fois d'agir sur la santé des
individus et sur la performance de l'entreprise.
La régulation de la charge de travail permet
une action efficace contre le stress en favorisant une meilleure
adéquation entre ce qui est exigé en termes d'objectifs
et les moyens à disposition des salariés.
1) Objectiver
la notion de stress en identifiant les différentes
charges de travail
• La charge
de travail prescrite, qui détermine ce qui
est à faire (objectifs) et comment il faut le faire (moyens
et règles de travail). Le travail prescrit est sous la responsabilité
des gestionnaires et de l'encadrement. Selon les modes d'organisation,
il peut être soit contraignant (modèle taylorien...)
et limiter l'autonomie, soit être au contraire diffus (relation
de service...) et laisser le salarié " auto-réguler "
son activité en fonction d'objectifs généraux
qui lui sont fixés. Il s'agit donc de trouver
un point d'équilibre qui permette de cadrer le salarié
sans le contraindre.
• La charge
de travail réelle , qui rend compte de l'activité
telle qu'elle se réalise effectivement sur le terrain. Son
analyse peut permettre d'évaluer les efforts et les compétences
qu'il faut réellement mettre en oeuvre pour réaliser
les objectifs.
• La charge
de travail subjective , qui souligne l'importance des représentations
individuelles et collectives de la charge de travail. La charge
de travail subjective dépend de l'équilibre
que perçoit le salarié entre sa contribution et sa
rétribution. Elle dépend aussi du sens
que le salarié donne à son travail et de l'entraide
qu'il existe au sein des collectifs de travail.
2) Repérer les écarts
entre les différentes charges de travail
Il s'agit de repérer
la différence entre charge réelle et charge prescrite,
mais aussi de repérer le niveau de tolérance
pour le salarié entre ces deux types de charge.
Certains individus peuvent avoir une charge de travail importante
mais néanmoins trouver les moyens d'y faire face et rester
motivés, alors que d'autres peuvent à l'inverse se
démobiliser...
3) Rechercher des pistes
de solutions
Les axes d'amélioration
peuvent concerner :
• le management
et le mode d'organisation de l'entreprise. Les salariés
sont souvent pris dans des injonctions contradictoires de la part
de l'encadrement intermédiaire, ce qui peut créer
une confusion dans les objectifs à atteindre.
• Le mode
de prescription : la prescription doit tenir compte
des modes opératoires par lesquels les salariés atteignent
les objectifs qui leur sont assignés au quotidien. Le travail
prescrit doit laisser une marge de manoeuvre aux salariés
pour qu'ils puissent réguler leur activité et s'adapter
à des situations variées.
• L'ajustement
des moyens : il peut s'agir de moyens techniques (aménagement
des postes, installation d'outils appropriés...) mais aussi
de l'ajustement des compétences (formation, sensibilisation...)
Un travail de confrontation
est souvent nécessaire pour parvenir à construire
une vision partagée au sein de l'entreprise. La redéfinition
des objectifs par l'ajustement des compétences et des moyens
de production peut permettre à l'entreprise d'améliorer
son efficacité tout en préservant la santé
de ses salariés.
Pour aller plus loin...
• http://www.inrs.fr :
un dossier complet sur le stress au brochure synthétique
: " point des connaissances sur le stress au travail (ED 5021)
• http://www.travail.gouv.fr :
un dossier de la DARES intitulé " travail et charge
mentale " qui détaille les facteurs qui peuvent causer
la survenue du stress
• http://www.anact.fr
: possibilité d'accéder à des interventions
en entreprise sur le stress au travail et de mieux connaître
l'approche organisationnelle du stress